Engagement volontaire des Juifs en 1914
Le 25 juillet 1914, Jaures déclare à Lyon:«Jamais, depuis quarante ans l'Europe n'a été dans une situation plus menaçante et plus tragique» Le socialiste sera assassiné cinq jours plus tard. Et ce même jour, le 30 juillet,les étrangers vivant en France prennent l'initiative d'appeler leurs concitoyens à s'engager dans l'armée française. Des dix-sept premiers signataires, douze sont juifs. Les trois premiers groupes d'étrangers à répondre à l'appel sont les Italiens,les Grecs et les Juifs. .Ceux- ci distribuent immédiatement un appel dans leur quartier.
« Frères!
La France, pays de la Liberté, de l'Egalité et de la fraternité, la France qui a libéré l'humanité, la France qui, la première de toute les nations, nous a reconnu à nous Juifs, les droits de l'homme et de citoyens, la France ou nous nous trouvons, nous et nos familles,depuis de longues années, un refuge et un abri, la France est en danger!
«D'une minute à l'autre, la France peut se trouver en état de guerre. Nous, Juif immigrés qu'allons nous faire? « Allons nous, pendant que tout le peuple français se lève comme un seul homme pour défendre la patrie, nous croiser les bras?
«Non, car, si nous ne sommes pas encore français de droit, nous le sommes de cœur et d'âme, et notre devoir le plus sacré et de nous mettre tout de suite à la disposition de cette grande et noble nation, afin de participer à sa défense.
«Frère! C'est le moment de payer notre tribut de reconnaissance au pays ou nous avons trouvé l'affranchissement moral et le bien être matériel.
«Juifs immigrés, faite votre devoir, et vive la France»
Combien sont-il à s'engager? Entre 10 000 et 30 000 sur les 40 000 étrangers de 52 nationalités qui rejoignent les rangs de l'armée française: des Juifs de l'Europe centrale et orientale, des Juifs ottomans, des Alsaciens, juridiquement Allemands
Extrait de juifs révolutionnaire de: Simon Cukier/ Dominique Decez / David Diamant: Michel Grojnowski.
Messidor , Édition Social
Verdun
monument aux morts Israëlites
1914-1918

Près de l'ossuaire de Douaumont, qui s'érige au-dessus des quatre cent mille morts de Verdun, se dresse, depuis plus de vingt ans, un vaste mur qui porte les deux tables de la Loi. Les dix commandements y sont gravés. Sur un socle, un bandeau de pierre porte la dédicace: Aux Français, Alliés et Volontaires Étrangers mort pour laFrance, 1914-1918 Le monument élevé sur l'initiative d'un Comité qui réunissait des membres du Consistoire Central et des associations d'anciens combattants volontaires juifs fut inauguré, le 19 juin 1938 par M. Campinchi ministre de la Marine, au nom du gouvernement. L'année suivante, lors de leur pèlerinage annuel, les anciens combattants volontaires juifs rendirent visite à Mgr Gininisty, évêque de Verdun, et le prièrent de veiller sur le monument comme il veillait sur l'ossuaire. La réponse du regretté prélat fut :" J'accepte de grand cœur, et je veux vous dire que votre démarche m'honore autant qu'elle vous honore." Sous l'occupation, les Allemands décidèrent d'abattre mur et Décalogue qui enjuivaient le plus célèbre haut-lieu de la gloire militaire française, et il fallut la violente opposition des autorités civiles et religieuses de l'immortelle cité et du département pour borner leur vandalisme aryen à les masquer, au moyen d'une palissade, à la vue des Fritz et des" touristes" nazis. Ce n'est qu'après la Libération que l'on s'aperçut qu'ils avaient dégradé le monument notamment en coulant du ciment dans les creux des lettres hébraïques et de la dédicace.
Le consistoire a entrepris la réfection du monument, et, conjointement, avec le grand-rabbin de France, M. Jacob Kaplan, il a lancé un appel auquel ont répondu les associations affiliés.
Signé par notre ancien Président Maurice Vanikoff, et Président de la Fédération des Anciens Combattants Juifs des deux guerres Publié dans Notre Volonté N° 184 octobre-novembre 1984 à l'occasion du 70° anniversaire de la bataille de la Marne.