Constituer une documentation, tâche très importante.

Parmi les taches que nous nous sommes assignées, en liaison avec le 25° anniversaire de l'existence de notre organisation, se trouve celle de la constitution d'une documentation relative aux engagements volontaires des Juifs immigrés dans l'armée française et dans la résistance au cours de la dernière guerre. Mettre en relief leur comportement courageux sur les fronts, la discrimination dont ils ont été victimes dans les stalags, etc. La tâche est très importante,car les engagements volontaires des Juifs immigrés en 1939constituent une belle page de notre histoire, qui ne doit pas rester une page blanche pour les futures historiens de la deuxième guerre mondiale.Allons-nous laisser oublier les faits d'armes de ceux qui se sont battus sur tous les secteurs du front ? Allons-nous laisser oublier les souffrances et les discriminations particulières que subirent nos camarades dans les stalags uniquement parce qu'il étaient juifs ? Laisserons nous tomber dans l'oublie les faits de résistance en captivité et en France, les noms des décorés, etc. Notre organisation qui durant les 25 années de son existence, avait traduit par ses réalisations l'aspiration profonde des anciens combattants juifs ne saurait manquer à ce devoir. La tâche est évidemment rude : 30 ans ce sont écoulés depuis les engagements, beaucoup de souvenirs se sont estompés, nombreux sont les camarades qui nous on quittés pour toujours. mais il n'est pas trop tard. Aussi faisons-nous appel à tous nos camarades pour qu'il nous adresse leurs souvenirs de guerre peut importe la forme, le style. l'essentiel, ce sont les faits. Écrivez-nous aussi sure ceux de vos camarades qui luttaient à vos côtés et sont tombés dans le combat où sont morts en captivité. Envoyez-nous les noms de tous ceux que votre mémoire a retenus. Pour ceux qui ne sauraient le faire par écrit, nous avons une permanence à nos bureaux 58 rue du Château-d'Eau pour recueillir les témoignages. Nous organiserons également des réunions de camarades des mêmes unités ou des mêmes stalags pour obtenir des témoignages collectifs. Nous vous demandons de nous envoyer des documents originaux intéressants que nous vous rendrons après avoir produit des photocopies. Nous faisons appel à tous nos camarades et amis pour nous aider dans la réalisation de cette tâche urgente et difficile.

Paru dans Notre Volonté N° 2 (64)

de Mars-Avril 1969

Le Comité Directeur  élu à l'Assemblée Générale du
24 novembre 1954

 

1 er rang de gauche à droite : Najman, Haitman, Sisterman, Klajder, Gromb (Kenig), Cleitman Isi (Blum), Dr. Danowski, Czany, Appel, Pons, Salomon, Herskowicz Sam, Herskowicz Félix.

Au second rang de gauche à droite : Moresqui, Rechenstein, Beller, Mme Pfefer, Sadowski, Maier, Mme Lilenstein, Miller, Kon, Statman, Garbarz.

Au troisième rang, de gauche à droite : Erman, Munsrein, Kristal, Ekman, Dr.Wattengerg, Zajdenwerg, Apelkir, Szraga, Ser, Failovic, Minc, Mme Rozen, Panus.

Au quatrième rang de gauche à droite : Lewinbaum, Urjewicz, Szulc, Zimet, Adler, Korenberg, Wajcman, Frydman.
Fond également du Comité : Apelbaum, Bursztyn, Centner, Dorfman, Falinover, Me. Grinspan, Korngold, Lewkowicz, Wildenberg.

Le contrôle des prisonniers de guerre rapatriés

 

La carte de membre de l'association

 
Assemblée générale de l'Union en 1954 pour le 10° anniversaire de sa création
 
  

Grâce aux démarches de l'Union, des milliers d'engagés volontaires ont pu obtenir la naturalisation, le livret individuel, la carte de combattant.

 
  

Meeting organisé, le 20 février 1948, salle Wagram à Paris, par l'Union des Groupements d'Engagés Volontaires et Résistants d'Origine Etrangères (U.G.E.V.R.E.) contre la recrudescence de la xénophobie.

 


 L'Union participe avec la  Fédération  des Associations des Anciens Combattants Juifs, à la cérémonie traditionnelle de la Flamme à l'Arc de Triomphe (1954)

 
  

La déléguation des personnalités d'organisations juives, conduites par des parlementaires français, à la sortie du Quai d'Orsay où elle avait demandé au ministre des Affaires Etrangères la reconnaissance de l'Etat d'Israël (27 mai 1948)

 

 

 


Fidèles au testament de nos morts
Lorsque notre Union fut crée, dès que l'envahisseur eût été chassé du sol français, elle ne s'est pas seulement donné pour tâche d'aider les anciens combattants juifs, ceux des champs de batailles et ceux des maquis, à retrouver une place normale dans la vie, à soigner leur plaies et défendre leur droits; elle s'est aussi fixé comme objectif de lutter contre toutes les survivances du racisme et de l'antisémitisme qui avait causé tant de ravage dans les pays occupés par les forces hitlériennes. L'antisémitisme est une maladie qui ronge le corps sain d'une nation, dressant les citoyens les uns contre les autres. C'est pourquoi les patriotes conscients s'indignent chaque fois que les racistes reprennent leur sinistre besogne. les antiracistes et parmi eux les anciens combattants, on réagi lorsque Xavier Vallat, commissaire aux affaires juives sous Vichy, a été gracié; ils ont intenté un procès à " Aspect de la France" pour ses articles antijuifs odieux et contre Maurice Bardèche qui, dans son livre "Nuremberg ou la Terre Promise" fit l'apologie du nazisme. Notre Union ne peu rester indifférente lorsqu'un Poujade se permet d'écrire qu'on ne voit pas suffisamment de noms juifs sur les plaques commémoratives de notre pays. Nous avons estimé qu'il était de notre devoir de ne pas laisser insulter la mémoire de nos héros qui se sont battus pour la France, qui ont versé leur sang généreux pour leur patrie d'adoption. Nous avons estimé qu'il était de notre devoir de défendre l'honneur de nos camarades, que leurs noms figurent ou non sur les plaques de marbre, qu'ils sont morts cependant, avec ou sans uniforme pour que le monde, pour que la France soient débarrassés à jamais du racisme et de ceux qui colportent de telles excitations à la haine. Voilà pourquoi nous avons décidé de nous constituer partie civile …Notre Union, en agissant ainsi, est fière d'être restée fidèle aux idéaux pour les quels se sont battus et sont morts nos camarades. A l'avenir, nous agirons de même, étant convaincus qu'en luttant contre l'antisémitisme et le racisme nous continuons à servir la France et la République.

                                                                      Isi Blum

Paru dans Notre Volonté N° 89 de décembre 1962

 

 

Les engagés volontaires juifs participent à tous les rassemblements des anciens combattants de France  unis pour la défense de leurs droits : cent milles anciens prisonniers de guerre réunis à Paris le 3 septembre 1949, réclament le pécule et la carte de combattant.

 
  

Grand meeting, organisé le 19 septembre 1951, par l'Union pour défendre la valeur et la permanence de la nationalité française des anciens combattants naturalisés, et exiger l'abrogation du décret de déchéance de la nationalité frappant le combattant volontaire Jacob Gromb, vice-président de l'Union.

 
 
 


 La naissance des Lauriers Roses


Les conséquences pathologiques de la captivité et de la déportation étaient depuis toujours, un sujet de préoccupations majeures de notre organisation. Aussi, l'idée d'une œuvre sociale au profit de nos camarades fatigués où souffrants était souvent discutée à notre comité directeur. Elle pris corps en 1960. Un projet de création d'une maison de convalescence fut adopté. L'Assemblée Générale l'approuva. Le hasard des recherches nous amena à Levens, dans les Alpes Maritimes. Le panorama incomparable sur les Alpes, la possibilité de belles promenades, la piscine sur un rocher d'où l'on découvre la mer et les grandes Alpes aux cimes neigeuses, nous décidèrent à y implanter notre maison…
Après avoir obtenu, non sans mal, l'autorisation du ministère de la Santé Publique, nous avons reçu le permis de construire…La pose de la première pierre fut fixé au 15 décembre 1963. Ce jour là, une belle cérémonie se déroula à Levens. Une nombreuse délégation de notre Union comprenant des membres de Paris et de la province se rendit sur place…Une réception fut offerte à la salle Massena de la mairie par le Sénateur-maire M. Raybaud. Après un banquet fraternel les invités se rendirent dans la propriété acquise par notre Union ou les attendaient les délégations de Levens, ainsi que les organisations d'Anciens Combattants de la région.
Sous la présidence du Sénateur Raybaud et en présence de nombreuses personnalités. Paul Manet président à l'époque de l'U.F.A.C. procéda au geste symbolique de la pose de la première pierre. Il exalta l'opiniâtreté de notre Comité Directeur…Cette belle et émouvante cérémonie se termina avec la lecture par Isi Blum notre secrétaire générale du parchemin en français et en yiddish qui fut scellé dans le béton…
Avant l'ouverture de l'établissement, le 10 et 11 octobre 1964, une délégation de médecins visita la maison. Le Dr Leibovici relata en ces mots ses impressions: "J'ai eu l'honneur d'être invité avec les docteurs B. Ginsbourg et R. Kohn, pour visiter la maison de repos de Levens. C'est un vrai miracle"…
Les cérémonies d'inaugurations dépassèrent le cadre de Levens et de notre organisation. Elles se déroulèrent, d'abord à Nice, le 16 janvier 1965, puis le 17 à Levens. Le 12 janvier, notre secrétaire général donnait une conférence de presse dans les locaux même des Lauriers Roses…
"Nice Matin" écrivait : Un bâtiment aux lignes harmonieuses et modernes est venu depuis quelques mois s'intégrer dans l'agréable décor de Levens. L'Union des Engagés Volontaires et Anciens Combattants Juifs a choisi à Levens pour y élever une maison de repos et de convalescence dont le nom possède déjà un pouvoir tranquillisant :

"Les Lauriers Roses "…


Tout a été conçu pour donner au séjour des Lauriers Roses le plus grand nombre d'agréments…
Le 17, devant une foule enthousiaste, tour à tour, on pris la parole : Isi Blum, Paul Manet, le Sénateur-maire J. Raybaud et le représentant du ministre des Anciens Combattants M. Laborde, qui termina la cérémonie en tirant le cordon qui dévoilait la plaque tricolore de la maison de Repos à Levens " Les Lauriers Roses " aux initiales de l'Union.

Extrait d'un article de Notre Volonté, février 1965

 

 
  

 

Création du prix littéraire: Maurice Vanikoff

Le prix littéraire annuel Maurice Vanikoff sera attribué à l'auteur d'une œuvre parue au cours de l'année, en français ou en yiddish, mettant en relief la participation des Juifs de France et particulièrement des volontaires étrangers ou d'origine étrangère, à la lutte contre le nazisme et leur contribution à la victoire des alliés. Règlement Article 1er.-Il est créé, par décision du Comité Directeur, un prix littéraire annuel: " Prix Maurice Vanikoff". Ce prix serra de 3000 franc (trois mille franc). Article 2.-Ce prix est destiné à couronné chaque année l'œuvre, artistique, scientifique ou philosophique qui mettra en relief la lutte des juifs de France, contre le nazisme,aussi bien dans l'armée que dans la résistance. Article 3.-Les candidats au Prix Maurice-Vanikoff devrons adresser leur ouvrage, imprimé ou manuscrit, chaque année avant le 31 janvier; le jury devant se prononcer au plus tard le 31 mai suivant. Article 4.-Le prix serra décerné par le Jury composé de personnalités des lettres, anciens Combattants et Résistants, représentant les courants divers du monde combattant. Les décisions du Jury sont prises à la majorité absolue. Article 5.-Le Secrétariat du Prix Maurice-Vanikoff est établi au siège de l' U.E.V.A.C.J., 58, rue du Château-d'Eau, Paris 10°. Les Membres du Jury MM. Jacques Madaule, Président Isy Blum, Henry Bulawko, René Cassin, Dr Samuel Danowski, MM. joseph Fridman, Gromb-Kenig, Bernard Lacache, Pierre Paraf, Jean Pierre-Bloch, Bernard Pons,Maurice Schuster, Me Henri Sloves, M. Pierre Villon.

Notre Volonté N°115-octobre 1967

 Les Prix

Pour l'année 1966-1967 le prix Maurice Vanikoff a été attribué à un ouvrage collectif édité par l'Institut d'Histoire de " Yad Vachem"en Israël à un ouvrage intitulé " Face à l'ennemie nazi " Pour l'année 1967-1968 il a été attribué à David Diamant pour son manuscrit " Avec ou sans armes " La même année un prix hors concours a été décerné à Gilles Perrault pour son ouvrage " L'orchestre rouge"



Nous avons perdu un grand Ami,


par Isi Blum

Grand spécialiste des questions de l'antisémitisme, Maurice Vanikoff consacra sa vie entière à constituer une volumineuse documentation et quiconque avait besoin d'un renseignement, d'un document, d'une coupure de journal, c'est à lui qu'il s'adressait. Vanikoff était là pour rendre service dés l'instant qu'il savait que son geste contribuait à la lutte qui lui était si chère…On se souvient de son action vigoureuse contre Maurice Bardèche, pour le livre d'apologie du nazisme publié par ce dernier sous le titre " Nuremberg ou la Terre Promise ", on se rappelle quelle énergie il déploya dans le procès intenté à " Aspect de la France "pour ses articles antijuifs, ou encore la campagne qu'il mena contre le " Petit Larousse Illustré " qui contenait des définitions tendancieuses et injurieuses et contre Robert Aaron qui essayait par des écrits prétendus historiques de blanchir les traîtres Pétain et Xavier Vallat… Engagé volontaire étranger dés les premiers jours de la guerre de 1914, il manifesta un amour profond pour son pays d'adoption. Sa patrie c'était la France aux nobles traditions Humanistes, et c'est avec la même passion qu'il haïssait l'anti-France, qu'incarnent les disciples de Maurras et de " Jeune Nation ". Son ardent patriotisme l'amena au coté de ceux qui s'opposent à la résurrection du nazisme et protestent contre la renaissance de la nouvelle Wermacht, à la tête de laquelle se trouvent placés de nombreux criminels de guerre. Président de la Fédération des Associations des Anciens Combattants et Volontaires Juifs, Maurice Vanikoff jouait un rôle déterminant pour sauvegarder l'unité entre toutes les associations d'anciens combattants juifs, et c'est grâce à lui que de nombreuses campagnes ont pu être menées en commun pour la défense des droits des anciens combattants et victimes du nazisme, contre l'antisémitisme et le racisme, contre la xénophobie et pour la paix. Maurice Vanikoff éprouvait beaucoup de sympathie pour notre organisation. Il appréciait notre activité dans ses multiples domaines et ne manqua pas de le souligner à diverses occasions…Nous avons perdu en Maurice Vanikoff un grand ami, un ami irremplaçable.

 
Texte paru dans Notre Volonté