| oeuvre offerte à l'association par Marc Chagall

Insigne du 21° RMVE Insigne de la 13° DBLE Insigne du 1° R E C Si de nombreux ouvrages ont été consacrés à l'histoire de la seconde guerre mondiale et à la victoire des Alliés sur la tyrannie hitlérienne, il a été peu écrit sur le rôle considérable joué en France par les immigrés dans la lutte contre l'envahisseur et presque rien n' a été dit sur la contribution des Juifs d' origine étrangère qui, par milliers, se sont levés dès le premier jour de la guerre pour défendre, les armes à la main, leur patrie d' adoption.
Les volontaires juifs se pressant devant l'un des bureaux de recrutement en 1939 (ici l'Ecole militaire)
L'Engagement
volontaire.
par François
Szulman.
Comme
l'avaient fait leurs aînés en 1914, la quasi-totalit́é des juifs
étrangers vivants sur le sol national se sont dès la déclaration
de la guerre contre l'Allemagne nazie, le 3 septembre 1939 engagés
dans l'armé française. Sur
une population juive d'origine étrangère estimée à 160 000 âmes,
plus de 25 000 se précipitèrent dans les bureaux de
recrutement, ce qui représente la majorité des hommes en âge
de porter les armes. Ils considèrent cet engagement comme le
moyen de lutter contre le fascisme et le nazisme dont ils comprirent
très tôt le danger mortel. Ils ont en outre pour motivation
première la défense de leur patrie d'adoption et des valeurs
laïques et républicaines, qui permettent une intégration dans la
nation française, malgré un contexte historique défavorable
exacerbé par un antisémitisme virulent. D'autres motivations sont
pourtant réelles : -
obtention de la nationalité française -
droit aux masques à gaz pour leurs familles et eux-mêmes. (Les
étrangers sont exclus de la distribution de masque à gaz à la
population. Dès l'obtention du récépissé d'engagement, cette
exclusion est levée.) Depuis
1938, une avalanche de républicains espagnols est venue s'ajouter au
flot des juifs allemands, flot encore grossi, quand Hitler
alourdi les mesures de répression anti-juives à l'intérieur,
et envahi l'Autriche puis la Tchécoslovaquie. La police
allemande a pris l'habitude d'amener les juifs et les indésirables
politiques à la frontière française et de les jeter sans un sou de
l'autre côté. Dans un pays déjà affaibli par les difficultés
économiques de la crise de 1929, le marché du travail ne peut
absorber tous ces gens. Ils furent rassemblés dans des camps
d'internement, comme ceux qui ont été créés dans le midi
pour les centaines de milliers de réfugiés espagnols fuyant le
régime de Franco. Avec les menaces de guerre en 1938, le
gouvernement français insère des encarts dans la presse étrangère
encourageant les engagements. Dès le début de 1939, un nombre
important de réfugiés politiques allemands, la plupart juifs,
rejoignent la Légion Étrangère. La même année, la victoire de
Franco provoque un engagement massif des républicains
espagnols. La mobilisation générale du 1er septembre
1939 qui ripostait à l'invasion de la Pologne par l'Allemagne,
submergea de nouveaux arrivants la Légion. Un décret du 12 avril
1939 avait autorisé les étrangers résidents en France depuis 10
ans à s'engager dans les régiments réguliers, cependant, de
nombreux réfugiés ne pouvaient en bénéficier. L'administration
militaire choisit d'appliquer les textes d'une façon
incohérente et arbitraire. Un décret ultérieur du 29 décembre
1939 autorise les citoyens de nationalité indéterminée à
s'engager en nombre limité dans les formations régulières
françaises. Une note confidentielle mettait en garde contre
l'incorporation d'éléments indésirables, au loyalisme parfois
sujet à caution dans les unités françaises. En 1939, comme en
1914, la France manifeste une nouvelle fois un comportement
profondément ambigu vis-à-vis des étrangers qui se portent
volontaires pour la défendre. Les
volontaires juifs envahissent les bureaux de recrutement, et se
heurtent à des fonctionnaires qui se perdaient dans les
prescriptions administratives et dans les paragraphes des lois
et restrictions imposées aux étrangers. Lorsque de nombreux
juifs d'origine polonaise vivant en France depuis des années
se, présentent pour s'engager, ils sont dirigés vers l'armée
polonaise en exil. Ils y découvrent alors qu'ils ne sont pas les
bienvenus (antisémitisme viscéral des polonais), beaucoup d'autres
qui tentent de s'engager trouvent porte close dans les bureaux
de recrutement. Cela tient en partie à l'incapacité de l'armée à
faire face au trop plein, si bien que les organisations juives
ouvrent des bureaux dans leurs locaux respectifs et
préparent des listes de recrues potentielles. Le
16 septembre 1939, le ministre de la guerre décide de former des
unités particulières de volontaires étrangers, distinctes de la
Légion Étrangère, sans doute pour éviter la répétition des
conflits survenus en 1914. Pour empêcher toute confusion entre ces
unités et la vraie Légion qui tient à garder ses distances,
celles-ci reçoivent en février 1940 un numéro d'ordre supérieur à
20 et deviennent ainsi le 21ème, 22ème et 23ème Régiment de
Marche de Volontaires Étrangers. Malgré cette distinction entre la
Légion et les R.M.V.E., Il serait inexact de dire quelles n'ont
aucun lien avec elle. Les cadres sont fournis par la Légion, et
des réservistes sont rappelés pour instruire les nouveaux
incorporés. Des photographies montrent la musique du 21 ème
portant les couleurs, blason et képi blanc de Légion. Le 21ème
célèbre également « la bataille de Camerone », en 1940, au
camp du Barcarès, ce qui prouve bien le lien avec la Légion.
Dans son rapport d'opérations, le chef de bataillon Hermann qui
commande le 22ème R.M.V.E., emploie le mot de « légionnaires»
pour parler de ses hommes. Les gens envoyés aux R.M.V.E. ne sont pas
pour autant affranchis de la tutelle de la Légion. En février
1940, 900 hommes sont envoyés du camp d'instruction du
Barcarès au 12ème Régiment Étranger d'Infanterie,
nouvellement créé, à la Val bonne (près de Lyon), et un
petit nombre sélectionné sur des critères bien définis
(âge : moins de 28 ans, instruction militaire avancée) sont
mutés à la 13éme demi-brigade de la Légion Étrangère qui sera
engagée à Narvik en Norvège. Il apparaît ainsi,
qu'environ mille volontaires des R.M.V.E. ont réellement
combattu dans une unité régulière de la Légion. Bien plus, la
Légion a depuis lors reconnu les vétérans des R.M.V.E. comme de
véritables anciens légionnaires. A l'exclusion des R.M.V.E, la
Légion comprend en 1939 les 1 er, 2 eme, 3eme, 4eme, 5ème, 6ème
Régiments Étrangers d'Infanterie et les 1er et 2ème Régiments
Étrangers de Cavalerie. Elle demeure principalement une force
coloniale cantonnée en Afrique du nord. Pour répondre aux demandes
d'engagement (83.000 en 1939, soit deux fois plus qu'en 1914, parmi
lesquels 25.000 juifs d'origine étrangère), le 11 ème Régiment
d’Étranger d'Infanterie est créé en novembre 1939, le 12ème en
février 1940. La 13 ème D.B.L.E. qui deviendra l'unité de la
Légion la plus célèbre de la seconde guerre mondiale est formée
le même mois, enfin le 97 ème groupe de reconnaissance de division
d'infanterie est créé à partir des deux R.E.C. d'AFN et engagé en
France. Si de nombreuses nationalités, dont des Afghans, des
Chinois et des Sud-américains sont représentées, parmi les
volontaires, les officiers se méfient profondément de deux
groupes qui forment l'essentiel des effectifs: les républicains
espagnols et les juifs de l'Europe de l'Est. En janvier 1940,
l'adjudant chef Mazzoni écrit du camp d'instruction du Barcarès
que "si leurs antécédents militaires pouvaient laisser
douter de leur loyalisme, il semble au contraire se révéler comme
de très bons éléments et on peut affirmer que bien encadrés,
ces engagés fourniraient de très bons combattants". Comme
les espagnols, les juifs sont suspectés d'avoir des
sympathies pour la gauche, d'être des ({ fouilleurs de boue»
et le lieutenant Perrot-White recommande de les éviter.
Beaucoup sont communistes, ils lisaient tout le temps les journaux,
anxieux d'y trouver une indication de la fin rapide de la guerre et
de la victoire sur le nazisme et le fascisme. Ils tenaient des
réunions et publiaient même un bulletin polycopié. Bien
évidemment, de telles activités sapent toute tentative de créer un
esprit de régiment. Cependant, le jour où un adjudant juif
recherche les noms des meneurs, même les juifs non communistes
refusent de collaborer et de jouer le rôle d'indicateur. Le
dernier grief adressé aux juifs est qu'ils ne servent pas de bon
cœur. Le même adjudant-chef Mazzoni qui avait reconnu la valeur
militaire des espagnols en janvier 1940, ne pense pas que ses juifs,
surtout ceux qui vivent en France depuis de nombreuses années,
constituent une menace pour la sécurité, mais il croit que beaucoup
d'entre eux cherchent seulement à se faire naturaliser et être
transférés dans les régiments réguliers. Il faut admettre que
l'attitude de certains juifs vis-à-vis du service est ambiguë,
notamment, lorsqu'ils apprennent qu'ils doivent servir à la Légion.
Plus d'un exprime sa joie en apprenant que le médecin militaire
du camp du Vencia, le capitaine Szatt, un juif polonais
naturalisé, très attaché à ce que tout le monde serve, est
remplacé par un antisémite, tout aussi acharné à les
réformer. De toute façon, le capitaine Szatt revint et les refus
massifs de volontaires juifs s'arrêtèrent immédiatement. L'afflux
d'un grand nombre de juifs ne plait guerre à la Légion. Un rapport
du 10 février 1940 confirme catégoriquement que la Légion ne veut
plus de juifs, et qu'il faut désormais refuser de les admettre sous
des prétextes divers, mais en faisant en sorte de ne pas
paraître prendre des mesures spéciales envers les juifs. Il
est difficile de ne pas conclure que c'est l'antisémitisme qui est
la principale raison de cette exclusion. L'arrivée des
volontaires juifs, trop nombreux à absorber d'un coup, en fait des
recrues non désirées. Eliminer tous ces gens des régiments
étrangers n'est pourtant pas possible, et la décision fut
prise de les disperser le plus possible dans les unités régulières
de la Légion, en Afrique du Nord, en Syrie, et jusqu'en Indochine.
Les incorporations se sont poursuivies jusqu'en mai 1940, à peine un
mois avant la débâcle, et les derniers appelés furent dirigés sur
un nouveau centre d'instruction le camp de Septfonds (Tarn et
Garonne) où devaient être formés des bataillons de pionniers
volontaires étrangers. Tous
les volontaires de Septfonds furent démobilisés début juillet
1940, alors qu'ils étaient en formation. Au front,
l'antisémitisme disparaît et les officiers traitent les
volontaires juifs comme des hommes. Peut-être le risque commun
d'être tué atténue les sentiments antisémites qu'ils auraient pu
avoir, et ils sont bien obligés de constater que les juifs se
battent avec courage. Les officiers de l'état major se montrent
pessimistes sur les capacités de la Légion à apporter une
contribution de qualité à la défense de la France en 1940. On
mise beaucoup sur le 11 ème Étranger, première unité formée
de 2 500 légionnaires chevronnés venus d'AFN et de 500
réservistes encadrés par des officiers de grande qualité, à
commencer par son chef, le légendaire colonel Maire. Celui-ci
confère à son régiment un potentiel nettement supérieur à
celui du 12 ème RE.I. qui est composé pour moitié de juifs
polonais et l'autre moitié de républicains espagnols. A
l'évidence, le gouvernement n'attend pas grand-chose de ces
unités R.E/I et R.M.V.E., leur dotation en armement est
nettement insuffisante: des fusils Lebel 7/15 de la guerre de
1914, des fusils mitrailleurs 24/29, les armes lourdes, mortiers
et mitrailleuses sont trop peu nombreux. Le 12ème RE.I. n'a jamais
reçu d'armes antichars, seule la 13ème D.B.L.E. a reçu le fusil
Mas 36, arme de dernier cri, juste avant son départ pour Narvik
(Norvège) en avril 1940. Le
12ème R.E.I. est à ce point à court d'équipements que de nombreux
soldats doivent attacher leur barda avec de la ficelle, d'où leur
surnom de ({ régiment ficelle» donné par les allemands. En dépit
des espoirs médiocres mis en eux, des six principales formations
étrangères qui prennent part à la bataille de France, seul le
23ème R.M.V.E. à moitié prêt, mal armé, et engagé le 5 juin
1940, alors que la bataille est déjà perdue, n'accomplit pas
un exploit, il se débande et s'enfuit près de Saint Menehould
le 13 juin. Le 11 ème R.E.I. est engagé début mai 1940, il défend
avec ténacité, une partie du bois d'Inor au nord de Verdun, contre
des assauts répétés appuyés par l'artillerie. Le 11 juin, il
commence à se replier sans cesser de se battre. Le 18 juin,
lorsque le commandant des survivants doit brûler le
drapeau près de l'église de Crezilles (Meurthe et Moselle), le
11ème a perdu les trois-quarts de ses effectifs, la plupart, au
cours d'une ultime attaque, le reste échappe à l'encerclement
et peut rejoindre Toul plus au sud. Le 12 ème étranger est tiré du
camp d'entraînement de la Valbonne (près de Lyon) le 11 mai 1940.
Après diverses pérégrinations, il reçoit l'ordre le 24 mai de
défendre Soissons, sur l'Aisne. Les stukas commencent à bombarder
la ville le 5 juin. Les hommes se terrent comme ils peuvent. Le
bombardement ne cause que très peu de pertes, si bien que lorsque
l'artillerie allemande entre en action dans l'après-midi, les
légionnaires ne se pressent guère pour se mettre à l'abri. C'est
d'ailleurs une indication montrant que la puissance aérienne
allemande n'a pas été un élément si décisif que cela dans la
campagne de 1940. Le 8 juin, les légionnaires reçoivent l'ordre de
se replier, mais un grand nombre sont pris dans la poche de Soissons.
L' armistice trouve le 12 ème R E.I à Limoges, avec seulement
300 hommes sur les 2 800 partis de la Val bonne quelques semaines
plus tôt. Le 21 ème R.M.V.E. pour sa part a tout juste pris ses
quartiers sur la ligne Maginot que l'attaque nazie est lancée.
Déplacé au nord de Verdun, fin mai, il subit de fortes pertes
sous les coups de l'ennemi dans la nuit du 8 au 9 juin, et se
joint à la retraite générale. Les survivants seront désarmés et
envoyés en captivité de Nancy le 22 juin, jour de la signature
de l'armistice. Mais la plus grande surprise de la campagne est
l'attitude du 22 ème R.M.V.E. Transportés depuis Barcarès le 6 mai
vers un secteur d'Alsace calme, les volontaires ne disposent pas
de la totalité de leur équipement. La vigueur de l'offensive
ennemie amène le commandement à les transférer en chemin de fer,
puis en camion, pour leur faire prendre position à Marchelepot sur
la Somme. Entre le 22 et le 26 mai, l'unité est engagée à
plusieurs reprises. Le 5 juin, elle se prépare à attaquer
Villers-Carbonnel, elle est impliquée dans une violente attaque
accompagnée par l'artillerie, les chars et l'aviation, attaque
repoussée au prix de pertes élevés. Une
seconde attaque menée par une véritable invasion de chars comme une
marée montante, tombe sur les défenseurs. Il ne restait plus qu'à
envisager le combat d'une infanterie livrée à ses propres
moyens contre un ennemi admirablement équipé et disposant dans
tous les domaines d'un matériel moderne. Les allemands se déploient
et manœuvrent constamment à vue directe des lignes françaises.
Les Français réussissent à jeter leur artillerie et leur
aviation dans la bataille, l'après-midi du 5 juin, ce qui sème
la panique chez l'ennemi. Cet engagement exalte au plus
haut point le moral du 22 ème. Au soir du 5 juin, les défenses du
régiment sont encore intactes, bien que le 1er bataillon
ait perdu la moitié de ses effectifs. Le 2 ème bataillon n'a plus
que deux compagnies et le 3 ème est réduit de moitié. Plus grave,
le régiment souffre d'un manque de munitions. A l'aube du 6 juin,
l'offensive ennemie commence à 4 heures par une préparation
d'artillerie. Les assauts de l'infanterie et des chars allemands sont
repoussés, si bien que la Luftwaffe est chargée de percer la
position. Les allemands finissent par contourner l'obstacle par
l'ouest. A 8 heures, ils lancent une attaque généralisée sur
tout le front du 22 ème. La conjonction de leurs infiltrations à
travers les bois et du manque de munitions contraignent le régiment
à se replier par échelons autour de Marchelepot. A 11 heures,
toutes les communications sont coupées entre les bataillons. Le
régiment n'a plus que huit mitrailleuses légères et deux
mitrailleuses lourdes, un mortier de 81 m/m et neuf canons
anti-chars de 25 m/m qui obligent au moins les blindés ennemis
à la prudence.A midi, les allemands envoient un émissaire qui
exige que le 22 ème se rende, faute de quoi, 300 prisonniers seront
fusillés. Le commandant Hermann refuse, l'après midi, ce fut
le combat de rues autour de l'église de Marchelepot. Cette dernière
défendue par de véritables démons qui lançaient leurs grenades
debout sur les barricades, jusqu'au moment où ils étaient abattus
par le feu ennemi. Les derniers survivants se réfugièrent dans le
P.C. établi dans une ferme proche de l'église. La lutte continua
dans la cour, à l'abri des pans de murs. Les munitions manquaient,
la fin approchait, quelques légionnaires qui avaient gardé
leur dernière cartouche se suicidèrent plutôt que de tomber
entre les mains des allemands. Les Allemands louèrent le
commandant Hermann pour le comportement de son régiment,
certains prisonniers d'origine allemande n'en furent pas moins
fusillés, sur le champ. Plus de 400 citations individuelles furent
décernées. Le
22 ème R.M.V.E. cité à l'ordre de l'armée, reçut la Croix de
guerre avec palme. Le 20 septembre 1985, celle-ci fut accrochée sur
le drapeau du 2 ème R.E.I. Le comportement de la Légion et des
R.M.V.E. dans la bataille de France alla de l'honorable au
spectaculaire. A leur manque de technique militaire, les
légionnaires suppléèrent par le courage et la ténacité. Les
comptes rendu d'opérations des différentes unités, conclurent que
les juifs firent leur devoir, et se sont très bien comportés au
feu. Le fait que la majorité des E.V.D.G. aient appartenu
principalement à deux groupes: juifs et espagnols, aux usages
et à la mentalité propre, n'a pas entamé la cohésion du
corps. Ce qui est certain, c'est que les unités étrangères qui se
sont battues en France en 1940 ont participé aux faits d'armes
les plus impressionnants, dans une armée française qui s'est
effondrée en six semaines. Abréviations : D/B.L.E.:Demi
brigade de la légion étrangère. E.V.D.G. :
Engagé volontaire pour la duré de la guerre L.E. :
Légion étrangère R.E.I. :
Régiment étranger d'infanterie R.M.V.E. :
Régiment de marche de volontaire étrangé Source : Service
historique de l'armée de terre Archives
de la Légion étrangère Douglas
Porch « La Légion étrangère » Robert
O Paxon « La France sous Vichy » Zosa
Srajckowski « Les Juifs dans la Légion étrangère »

Général ZELLER
Gouverneur Militaire de Paris Novembre 1954 En 1939-1940, les engagés volontaires juifs de toutes nationalités et du monde entier sont accourus pour servir la France. Beaucoup y sont morts dans les rangs des vieilles unités de notre Armée, comme dans ceux des jeunes régiments de volontaires étrangers. Ils ont continué à servir et à mourir parmi les Français Libres comme dans les cohortes des Forces Françaises de l'Intérieure, et je ne saurais oublier ceux que j'ai eu ainsi l'honneur de commander en 1943 et en 1944 sur notre sol envahi. Ils ont glorieusement participé aux campagnes de la libération depuis Tunis jusqu'au cœur de l'Allemagne. Au coude à coude avec ceux de toutes les familles spirituelles de tous les pays épris de liberté, ils ont été, comme eux, les bons ouvriers du maintien de la France.

Jacob KAPLAN Grand Rabbin de France Novembre 1954 Votre hommage aux engagés volontaires et anciens combattants juifs de la guerre de 1939-1945, s'adresse à eux tous, quel que soit le groupement auquel ils appartiennent. Il ne saurait être question non plus de distinguer entre leurs morts. Pour avoir été unis dans le péril et unis dans le sacrifice, ils restent toujours unis dans notre esprit et dans notre cœur. Les uns sont tombés glorieusement sur les champs de bataille ou dans les combats de la Résistance, les autres ont péri obscurément en prison ou dans des camps de concentration, mais tous ils sont morts pour la France. Ce n'est pas la première fois que des Juifs étrangers accourent au service de notre pays attaqué; ceux de 1939-1945 ont suivi l'exemple de leurs aînés de 1914-1918. Comme eux, spontanément et simplement, ils sont venus à l'heure du danger lui faire l'offrande totale de leur existence. Ce geste sublime, deux fois répété, témoigne hautement de l'intensité de l'amour que nos coreligionnaires étrangers ressentent pour la France ainsi que de l'immense reconnaissance qu'ils éprouvent pour le généreux pays des Droits de l'Homme et du Citoyen. On dit avec raison: « Tout homme a deux patries, la sienne et la France». Les engagés volontaires et anciens combattants juifs l'ont prouvé avec éclat: en s'engageant et en mourant pour la France.
 Dr V. MODIANO Président du Conseil Représentatif des Juifs de France 1954 Les volontaires juifs qui se sont engagés pendant la dernière guerre et qui se sont battus dans les régiments de marche ou dans le maquis étaient d'origines diverses et d'opinions variées. Russes, Polonais, Tchèques, Grecs ou Turcs, libéraux ou conservateurs, socialistes ou communistes, assimilateurs ou sionistes ils avaient en commun leur ascendance juive et leur horreur de la tyrannie nazie. Et la Gestapo qui persécutait et torturait leurs familles ne faisait pas de distinctions subtiles entre les provenances et les idéologies. Tous étaient unis dans la résistance. Tous restaient unis dans la souffrance. Vous avez raison de commémorer leur héroïsme et leur martyre. Vous avez raison d'autant plus que vous les laissez unis dans l'hommage que vous leur dédiez, sans aucune préoccupation partisane. D'un cœur fervent, je m'associe à vous dans cette entreprise et vous adresse l'expression de mes meilleurs sentiments.

Général JOINVILLE 1954 Les volontaires étrangers engagés dans les combats de 39-40 comptaient dans leurs rangs de très nombreux soldats juifs de toute origine. J'ai eu l'honneur de me trouver avec ces combattants héroïques. Après avoir traversé avec eux une douloureuse captivité, je les ai retrouvés dans la Résistance, où, d'un même cœur, ils continuaient la lutte contre l'armée hitlérienne pour la civilisation et pour l'indépendance de la France. Je vous remercie de l'occasion que vous me donnez de leur manifester une fois de plus mon amitié, particulièrement à cette heure où doivent se rejoindre tous ceux qui sont résolus à empêcher la renaissance du militarisme allemand et à préserver la liberté et l'existence même de notre patrie.
Le Général Joinville,
ami des combattants d'origine étrangère n'est plus.
Le Général Joinville, ancien chef d'état-major des F.F.I., vient de mourir à l'âge de 48 ans. Anciens adjudant du 21° R.M.V.E., il a bien connu les engagés volontaires étrangers, aussi bien sur les fronts de 1940 que dans la Résistance. Le Générale Joinville répondait chaque fois lorsqu'il s'agissait de défendre le droit de nos camarades. Dans son message publié dans notre livre " Au service de la France ", il disait entre autre : " Je vous remercie de l'occasion que vous me donnez de leur manifester (aux volontaires étrangers) une fois de plus mon amitié, particulièrement à cette heure où doivent se rejoindre tous ceux qui son résolus a empêcher la renaissance du militarisme allemand et a préserver la liberté et l'existence même de notre patrie "Le Comité Directeur. Paru dans Notre Volonté N° 77 de mars 1960

Léon LYON-CAEN Premier Président Honorairede la Cour de Cassation Président du M.R.A.P 1954Comme on le sait, à la déclaration de guerre en septembre 1939, le Comité d'entente des associations d'anciens combattants et volontaires juifs de la guerre 1914-1918 organisa le recrutement des volontaires juifs. Des milliers d'inscriptions furent ainsi recueillies, parmi lesquelles un nombre impressionnant d'étrangers. Envoyés dans divers centres d'instruction, ils y vécurent dans des conditions très pénibles, puis furent envoyés au front le plus souvent mal équipés et mal armés. Ils se battirent néanmoins héroïquement. Prisonniers, ils eurent beaucoup à souffrir des Allemands, qui refusaient de les traiter comme des soldats réguliers. Les persécutions antijuives ne les ont pas épargnés et ils furent même, dans beaucoup de cas, notamment de la part des autorités vichyssoises, plus exposés que les autres Juifs, en France occupée comme en zone libre. Il faut féliciter l'Union des Engagés Volontaires et Anciens Combattants Juifs, d'avoir songé à recueillir et à enregistrer leurs faits d'héroïsme, a décrire leur odyssée et le rôle éminent qu'ils ont joué dans la participation à la lutte du peuple français pour son indépendance.

Servir la France ! Septembre 1939! La guerre ! Le mot sinistre envahit les premières pages des journaux, bouleverse les coeurs des hommes et des femmes tendrement attachés au travail quotidien, à la joie familiale, au bonheur de la Paix. Aux affiches de mobilisation répondent aussi présents ceux qui avaient trouvé en France accueil et hospitalité, et qui, en partageant le sort de leurs frères français, entendaient prouver jusqu'au bout leur fidélité à la Patrie d'adoption en danger : les étrangers s'engagent pour la durée de la guerre. Ils sont des dizaines de milliers, à Paris et en province, à se mettre spontanément au service de la France, et, parmi eux, suivant en cela l'exemple mémorable de leurs aînés de 1914-1918, des milliers de Juifs d'origine étrangère, venus de tous les horizons sociaux dans un même élan d'union fraternelle. Après quelques mois d'instruction militaire dans les camps de Barcarès, La Valbonne, Septfonds, d'Afrique du Nord, etc..., ces soldats formeront les 21°, 22°, 23° Régiments de Marche des Volontaires Etrangers (R.M.V.E.), les 11°, 12° Régiments Etrangers d'Infanterie (R.E.I.), la 13° demi-brigade et de nombreux autres bataillons de marche. 
Par milliers également, ils seront incorporés d'une part, dans les armées tchécoslovaque et polonaise constituées sur le sol français et d'autre part, dans tous les régiments de la Légion Etrangère en Afrique. Tous ces régiments s'illustreront dans maints combats glorieux sur les différents points vitaux du front où ils seront hâtivement dirigés : sur la Somme et sur l'Aisne, dans les Ardennes et jusque dans la lointaine Norvège, à Narvick. Comme en témoignent toutes les citations collectives et individuelles, les volontaires de ces régiments accompliront leur devoir dans un esprit d'abnégation et de sacrifice exemplaire, pour barrer la route aux armées nazies. 
autre Insigne de la 13° DBLE C'est par milliers qu'ils tomberont sur tous les champs de bataille, en défendant la liberté, et portant tous au coeur le même amour pour leur seconde patrie. Soldats français et volontaires d'origine étrangère, ils reposent côte à côte dans les immenses cimetières militaires, comme un symbole exaltant de leur fraternité de combattants de la cause française. Aux uns et aux autres, sans distinction d'origine, pour le sang mêlé qu'ils ont versé en commun pour elle, la France leur garde à jamais la même reconnaissance. 
Départ pour le front 
Dessin de Bagel la plupart des éléments (photos et textes) présentés sur ce site sont extraits du livre (épuisé)
du 10 ° anniversaire de l'association
et du livre du 25° anniversaire
qui est en vente à nos bureaux aux prix de 30 € (franco de port)
voir la rubrique "contact"pour le commander

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